DALF C2 Syntaxe et stylistique avancées – Partie 4 — Questions and Answers
Question 1: Dans « À peine avait-il franchi le seuil qu'un silence pesant s'abattit sur l'assemblée », quelle est la valeur de la locution « à peine… que » et pourquoi l'inversion du sujet est-elle obligatoire ?
- « À peine… que » exprime la cause ; l'inversion est une licence poétique facultative
- « À peine… que » exprime la quasi-simultanéité temporelle avec antériorité immédiate ; l'inversion est imposée par la montée en tête de phrase de l'adverbe négatif « à peine » (Correct answer)
- « À peine… que » introduit une hypothèse ; l'inversion est liée au mode subjonctif
- « À peine… que » est une locution consécutive ; l'inversion suit la règle des propositions finales
Correct answer: « À peine… que » exprime la quasi-simultanéité temporelle avec antériorité immédiate ; l'inversion est imposée par la montée en tête de phrase de l'adverbe négatif « à peine »
La locution « à peine… que » exprime une relation temporelle de quasi-simultanéité avec légère antériorité de la première action sur la seconde (à peine l'action A s'est-elle produite que l'action B s'ensuit immédiatement). La montée en position initiale de l'adverbe négatif « à peine » déclenche obligatoirement l'inversion du sujet dans la première proposition, phénomène syntaxique analogue à celui observé avec « jamais », « rarement », « ainsi » et « peut-être » en tête de phrase.
Question 2: Analysez la structure rhétorique de : « Qui peut le plus peut le moins. »
- Une proposition relative libre à valeur gnomique et concessive
- Un proverbe à structure corrélative comparative : deux relatives libres sans antécédent en relation de proportion (Correct answer)
- Une proposition conditionnelle sans conjonction avec ellipse du verbe principal
- Un chiasme fondé sur l'inversion de deux groupes nominaux
Correct answer: Un proverbe à structure corrélative comparative : deux relatives libres sans antécédent en relation de proportion
La phrase est structurée autour de deux propositions relatives libres sans antécédent exprimé (« qui peut le plus » / « peut le moins »), liées par une relation logique de proportion ou d'inclusion : la capacité supérieure englobe la capacité inférieure. La valeur gnomique (vérité générale) est conférée par le présent de l'indicatif et l'absence de toute ancre temporelle ou personnelle. On notera la répétition du verbe « peut » qui crée un parallélisme binaire.
Question 3: Dans le syntagme « un auteur dont on n'a pas fini d'explorer l'œuvre », quelle est la fonction syntaxique de « dont » ?
- Complément d'objet direct du verbe « explorer »
- Complément du nom « l'œuvre » (génitif subjectif ou objectif), introduisant une relative déterminative (Correct answer)
- Complément circonstanciel d'origine
- Sujet de la proposition relative
Correct answer: Complément du nom « l'œuvre » (génitif subjectif ou objectif), introduisant une relative déterminative
Le pronom relatif « dont » est ici complément du nom « l'œuvre » : il remplace le syntagme prépositionnel « de cet auteur » (on n'a pas fini d'explorer l'œuvre de cet auteur). « Dont » introduit une proposition relative déterminative qui restreint la référence du groupe nominal antécédent « un auteur ». La distinction entre « dont » complément du verbe et « dont » complément du nom est un point subtil de syntaxe avancée.
Question 4: Laquelle de ces phrases illustre un zeugme (ou attelage) stylistique ?
- « Il est parti tôt et est revenu tard. »
- « Elle portait une robe de soie et un regard de braise. » (Correct answer)
- « Il mangea, but et s'endormit. »
- « La nuit était froide et le vent violent. »
Correct answer: « Elle portait une robe de soie et un regard de braise. »
Le zeugme (ou attelage) consiste à associer sous la gouverne d'un même verbe ou d'une même construction deux compléments appartenant à des registres sémantiques hétérogènes — ici, le concret (« une robe de soie ») et le figuré (« un regard de braise »). Cet écart produit un effet stylistique de surprise ou d'élévation poétique, car le verbe « portait » fonctionne littéralement pour la robe mais métaphoriquement pour le regard.
Question 5: Quelle est la nature et la valeur de la proposition en gras dans : « Si beau qu'il fût, ce tableau laissait le critique insatisfait. »
- Proposition subordonnée conjonctive de concession introduite par « si… que » + subjonctif (Correct answer)
- Proposition subordonnée conditionnelle introduite par « si » + imparfait
- Proposition subordonnée comparative de supériorité
- Proposition principale à l'imparfait du subjonctif à valeur d'emphase
Correct answer: Proposition subordonnée conjonctive de concession introduite par « si… que » + subjonctif
La locution « si + adjectif + que » suivie du subjonctif exprime une concession intensive : quelle que soit la beauté du tableau (aussi beau qu'il soit), la conséquence attendue (l'admiration du critique) ne se produit pas. Cette tournure concessive, caractéristique du registre littéraire soutenu, est à distinguer de la subordonnée conditionnelle (« si » + indicatif) et de la comparative (« aussi beau que »).
Question 6: Dans « Le rapport sera rédigé par le comité », quelle transformation syntaxique a été appliquée et quel en est l'effet discursif ?
- Nominalisation : « rapport » remplace une proposition verbale, effaçant l'agent
- Passivation : la voix passive déplace le patient en position sujet et permet d'effacer ou de thématiser l'agent (Correct answer)
- Impersonnalisation : « le rapport » est un sujet apparent sans référent concret
- Topicalisation : le COD est déplacé sans changement de voix
Correct answer: Passivation : la voix passive déplace le patient en position sujet et permet d'effacer ou de thématiser l'agent
La construction passive déplace le complément d'objet direct de la phrase active (« le rapport ») en position de sujet thématique, et place l'agent (« le comité ») en complément d'agent introduit par « par ». Sur le plan discursif, cette opération permet de mettre en relief l'objet affecté par l'action, de reléguer l'agent en fin de phrase ou de l'effacer entièrement, selon les besoins de la progression thématique.
Question 7: Identifiez la figure d'amplification dans : « Des milliers et des milliers de réfugiés, des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards décharnés, des nourrissons pleurant dans la nuit froide — tous attendaient. »
- Une litote suivie d'un chiasme
- Une hyperbole lexicale
- Une énumération (accumulation) à visée pathétique culminant dans une synthèse (Correct answer)
- Un oxymore fondé sur la juxtaposition d'opposés
Correct answer: Une énumération (accumulation) à visée pathétique culminant dans une synthèse
L'accumulation (ou énumération) est une figure d'amplification qui liste des éléments appartenant à la même classe sémantique (ici, des catégories de réfugiés) pour produire un effet de masse, de totalité et d'émotion. Le passage culmine dans la synthèse « tous attendaient », qui ramasse la multiplicité des figures en un mot à portée universelle. L'effet pathétique est renforcé par la gradation implicite (de l'abstrait numérique vers le particulier concret le plus vulnérable).
Question 8: Dans le discours rapporté complexe suivant : « Le ministre a déclaré que les résultats, bien qu'encourageants, ne devaient pas occulter les défis structurels qui, selon lui, demeuraient entiers », identifiez le nombre de propositions enchâssées.
- Deux propositions enchâssées : une COD et une relative
- Trois propositions enchâssées : une COD, une subordonnée conjonctive concessive et une relative (Correct answer)
- Une seule proposition enchâssée de type COD
- Quatre propositions enchâssées dont deux relatives et deux concessives
Correct answer: Trois propositions enchâssées : une COD, une subordonnée conjonctive concessive et une relative
La phrase comporte trois propositions enchâssées dans le discours rapporté indirect : (1) la proposition complétive COD « que les résultats… ne devaient pas occulter les défis structurels » dépendant de « a déclaré » ; (2) la proposition concessive « bien qu'encourageants » (elliptique : bien qu'ils fussent encourageants) ; (3) la proposition relative déterminative « qui… demeuraient entiers » dont l'antécédent est « les défis structurels ». L'incise « selon lui » est un modalisateur non propositionnel.
Question 9: Quel procédé syntaxique est à l'œuvre dans : « Cette œuvre, on l'a longtemps ignorée, puis redécouverte, enfin consacrée. » ?
- Une dislocation à gauche avec reprise pronominale anaphorique (Correct answer)
- Une relative apposée au sujet
- Un style indirect libre avec ellipse du verbe introducteur
- Une construction impersonnelle avec sujet apparent
Correct answer: Une dislocation à gauche avec reprise pronominale anaphorique
La dislocation à gauche consiste à extraire un groupe nominal (ici « cette œuvre ») de son rang syntaxique ordinaire pour le placer en position détachée à gauche, puis à le reprendre à l'intérieur de la proposition par un pronom coréférent (« l' »). Ce procédé, fréquent à l'oral mais également exploité à l'écrit à des fins expressives ou thématisantes, met l'accent sur le topique (« cette œuvre ») avant d'en décrire le prédicat.
Dans « À peine avait-il franchi le seuil qu'un silence pesant s'abattit sur l'assemblée », quelle est la valeur de la locution « à peine… que » et pourquoi l'inversion du sujet est-elle obligatoire ?