DALF C2 Syntaxe et stylistique avancées – Partie 2 — Questions and Answers
Question 1: Identifiez la figure de style dans : « Il régnait sur la salle une odeur de tabac froid et de mots inutiles. »
- Une hyperbole
- Une métonymie (Correct answer)
- Un chiasme
- Une catachrèse
Correct answer: Une métonymie
La métonymie consiste à désigner une réalité par un terme entretenant avec elle un rapport de contiguïté ou d'inclusion. Ici, « mots inutiles » désigne par métonymie les conversations vaines tenues dans ce lieu, substituant l'expression verbale (les mots) à l'acte de communication global. La formulation crée aussi un effet poétique en attribuant aux paroles une dimension quasi-physique.
Question 2: Dans « Partir, c'est mourir un peu », quelle analyse syntaxique de « partir » est la plus exacte ?
- Infinitif sujet réel d'une tournure impersonnelle
- Infinitif nominal, sujet réel de la copule « c'est » (Correct answer)
- Proposition infinitive complément circonstanciel
- Infinitif à valeur impérative
Correct answer: Infinitif nominal, sujet réel de la copule « c'est »
Dans cette phrase, « partir » est un infinitif à valeur nominale, fonctionnant comme sujet réel de la copule « c'est ». La structure « Infinitif, c'est + attribut » est une construction présentative fréquente dans les maximes et les aphorismes ; elle confère à l'infinitif une valeur généralisante, équivalant à une proposition nominale abstraite.
Question 3: Repérez la proposition subordonnée relative à valeur hypothétique dans : « Qui vivra verra. »
- Il n'y a pas de relative à valeur hypothétique ; c'est une relative déterminative ordinaire
- « Qui vivra » est une proposition relative sans antécédent exprimé, à valeur conditionnelle (Correct answer)
- « verra » est le verbe principal d'une indépendante
- « Qui vivra » est une interrogative indirecte
Correct answer: « Qui vivra » est une proposition relative sans antécédent exprimé, à valeur conditionnelle
Dans ce proverbe, « qui vivra » est une proposition relative sans antécédent explicite (relative libre ou substantivée) qui assume la fonction de sujet de « verra ». Le contexte lui confère une valeur conditionnelle implicite : « celui qui vivra [c'est-à-dire si l'on vit assez longtemps] verra ». Ce type de relative indéfinie, très idiomatique en français, est fréquent dans les proverbes.
Question 4: Analysez la subordination complexe dans : « Il importait que les délégués, à qui l'on avait remis les documents dès leur arrivée, en comprissent la portée avant que la séance ne s'ouvrît. »
- La phrase contient une principale, une relative et une subordonnée temporelle, toutes à l'indicatif
- La principale est impersonnelle au subjonctif, enchâssée une relative au subjonctif passé et une temporelle au subjonctif imparfait
- La principale est impersonnelle, la relative est à l'indicatif passé composé, et la temporelle est au subjonctif imparfait (Correct answer)
- La phrase comporte uniquement deux propositions coordonnées
Correct answer: La principale est impersonnelle, la relative est à l'indicatif passé composé, et la temporelle est au subjonctif imparfait
La principale impersonnelle « il importait que… comprissent » impose le subjonctif imparfait (registre soutenu). La proposition relative « à qui l'on avait remis les documents dès leur arrivée » est à l'indicatif plus-que-parfait, car elle décrit un fait objectif antérieur. La subordonnée temporelle « avant que… ne s'ouvrît » requiert le subjonctif imparfait en raison de la conjonction « avant que », qui commande toujours le subjonctif.
Question 5: Dans cet extrait proustien : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure », quelle figure d'ordre syntaxique ouvre la phrase ?
- Une anastrophe (inversion du complément) (Correct answer)
- Une hyperbate (ajout après la clôture syntaxique)
- Un chiasme
- Une zeugme
Correct answer: Une anastrophe (inversion du complément)
L'anastrophe désigne l'inversion de l'ordre habituel des mots ou des groupes syntaxiques. En plaçant l'adverbe de temps « longtemps » en tête de phrase, Proust rompt l'ordre canonique sujet-verbe-complément, conférant à ce circonstanciel une emphase particulière et une valeur thématisante qui oriente toute la lecture du roman.
Question 6: Quelle valeur sémantique le subjonctif apporte-t-il dans : « Je cherche un interprète qui soit parfaitement bilingue. » ?
- Le subjonctif exprime l'antériorité par rapport à la principale
- Le subjonctif marque que l'antécédent est envisagé comme un être virtuel, non encore identifié (Correct answer)
- Le subjonctif indique la certitude du locuteur quant à l'existence de cet interprète
- Le subjonctif marque une concession
Correct answer: Le subjonctif marque que l'antécédent est envisagé comme un être virtuel, non encore identifié
Dans une proposition relative dont l'antécédent est indéfini ou non encore existant pour le locuteur, le subjonctif signale le caractère virtuel ou potentiel de l'être recherché. La phrase signifie qu'un tel interprète n'a pas encore été trouvé ou identifié, contrairement à l'indicatif (« qui est parfaitement bilingue »), qui supposerait l'existence assurée de la personne.
Question 7: Quel procédé rhétorique caractérise la structure de : « Boire sans soif et faire l'amour en tout temps, il n'y a que ça qui nous distingue des autres bêtes. » (Beaumarchais) ?
- Une cataphore pronominale avec reprise par « ça » (Correct answer)
- Une anaphore anaphorique nominale
- Un discours indirect libre
- Un chiasme syntaxique
Correct answer: Une cataphore pronominale avec reprise par « ça »
La cataphore consiste à employer un terme de reprise (ici « ça ») avant que les éléments référentiels auxquels il renvoie aient été mentionnés. Dans cette phrase, « ça » anticipe et résume les deux infinitifs sujets placés en détachement à gauche (« boire sans soif et faire l'amour en tout temps »), créant un effet d'attente puis de révélation comique.
Question 8: Dans « Non seulement il échoua, mais encore il persista dans son erreur », quelle est la valeur de la corrélation « non seulement… mais encore » ?
- Opposition et concession
- Addition renchérissante (gradation ascendante) (Correct answer)
- Restriction et atténuation
- Cause et conséquence
Correct answer: Addition renchérissante (gradation ascendante)
La locution corrélative « non seulement… mais encore » (ou « mais aussi ») marque une addition avec gradation ascendante : le second élément est présenté comme plus remarquable ou plus grave que le premier. Ici, persister dans l'erreur est jugé encore plus préoccupant qu'échouer, ce qui donne à l'énoncé une progression rhétorique vers l'emphase.
Question 9: Quelle est la particularité syntaxique de la tournure : « Il est à craindre que les négociations n'aboutissent pas » ?
- « Il » est sujet grammatical référentiel désignant une personne
- C'est une tournure impersonnelle : « il » est un sujet apparent, le sujet réel étant la proposition subordonnée au subjonctif (Correct answer)
- La négation « ne » est une négation complète qui nie la proposition
- Le subjonctif est ici une marque de doute absolu du locuteur
Correct answer: C'est une tournure impersonnelle : « il » est un sujet apparent, le sujet réel étant la proposition subordonnée au subjonctif
La construction impersonnelle présente un sujet apparent « il » qui ne renvoie à aucune réalité extralinguistique, le véritable sujet logique étant la subordonnée « que les négociations n'aboutissent pas ». Par ailleurs, le « ne » dans la subordonnée est un « ne » explétif (non négatif), caractéristique des verbes ou locutions exprimant la crainte, le doute ou l'empêchement.
Identifiez la figure de style dans : « Il régnait sur la salle une odeur de tabac froid et de mots inutiles. »